Les troubles musculo-squelettiques (TMS) font de plus en plus parler d’eux, et pour cause : ils sont fréquents, coûteux, et leurs conséquences fâcheuses. Il arrive souvent qu’un lien immédiat soit établi entre les TMS et le milieu professionnel. Que désigne un trouble musculo-squelettique ? Pourquoi est-il si réputé dans le milieu du travail ? Enfin, quels sont les TMS les plus fréquents et leurs facteurs de risque professionnels ? EPITACT® vous dit tout.

Les troubles musculo-squelettiques, de quoi parle-t-on exactement ?

Troubles musculo-squelettiques (TMS) est un terme générique pour parler de l’ensemble des pathologies qui affectent les articulations, les os, les muscles ou les tendons. Les TMS font aussi échos à d’autres affections des ligaments, nerfs, bourses séreuses, vaisseaux sanguins ou cartilages(1). Il s’agit plus précisément d’un terme qui renvoie à un dysfonctionnement de ces différentes structures plutôt qu’à une atteinte tissulaire.

En conséquence, les troubles musculo-squelettiques peuvent causer des douleurs chroniques et une réduction des capacités fonctionnelles qui sont provoquées ou aggravées par le travail.

Dans de nombreux cas, les TMS débouchent ainsi sur un arrêt de travail, une déclaration en maladie professionnelle, voire des indemnisations.

On parle souvent des TMS dans le cadre du travail, pourquoi ?

Les troubles musculo-squelettiques constituent la première cause de maladie professionnelle en France et en Europe(2) ! Ainsi, en 2015, plus de 87 % des maladies professionnelles suivies d’un arrêt de travail ou d’une indemnisation correspondaient à des TMS(3) ! Si le lien entre ces deux termes n’était pas clair jusqu’alors, on comprend désormais toute sa pertinence.

Le terme de troubles musculo-squelettiques est souvent corrélé au domaine de la santé et de la sécurité au travail. On parle d’ailleurs très souvent de troubles musculo-squelettiques d’origine professionnelle. La raison est simple ; ces affections s’observent majoritairement dans le cadre d’une activité professionnelle à risque. On admet en effet que des mauvaises conditions de travail ou des insuffisances ergonomiques des postes jouent un rôle prépondérant dans le développement de TMS.

Certains troubles musculo-squelettiques peuvent être reconnus comme des maladies professionnelles. Ces troubles et leurs conditions de reconnaissance sont rassemblés dans plusieurs tableaux des maladies professionnelles. Pour les salariés du régime général de la Sécurité Sociale, il s’agit des tableaux n°57, 69, 79, 97 et 98. Pour les salariés du régime agricole, il s’agit des tableaux n°29, 39, 53, 57 et 57 bis(4).

Les troubles musculo-squelettiques liés au travail les plus fréquents

On compte près d’une quinzaine de troubles musculo-squelettiques, mais certains ont une prévalence supérieure en entreprise. On distingue les TMS des membres supérieurs (épaule, coude, main, poignet), du tronc (dos) et des membres inférieurs (genou, cheville, pied). Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur concernent d’ailleurs deux tiers des maladies professionnelles reconnues(5) . Voici les TMS les plus fréquents(5, 6) :

  • Cervicalgies, lombalgies
  • Tendinites de l’épaule (tendinite de la coiffe des rotateurs)
  • Tendinites de la main (muscles extenseurs et fléchisseurs, ténosynovite de De Quervain)
  • Syndromes du canal carpien (en tête de classement !)
  • Épicondylites du coude
  • Syndromes de Raynaud
  • Arthroses du coude, des poignets et des doigts
  • Syndrome de la loge de Guyon
  • Bursite du genou
  • Atteintes du tendon d’Achilles

 

Les secteurs professionnels les plus touchés par les TMS

Au vu de tous les facteurs de risque professionnels des troubles musculo-squelettiques, certains secteurs sont davantage exposés(5) :

  • Industrie agroalimentaire
  • Grande distribution
  • Métallurgie
  • BTP
  • Services aux personnes
  • Logistique
  • Équipement automobile
  • Propreté
  • Déchets
  • Plasturgie/caoutchouc/parfumerie

 

Les facteurs des troubles musculo-squelettiques au travail

Généralement, l’origine des troubles musculo-squelettiques est multifactorielle. Elle peut donc associer des facteurs biomécaniques, individuels, organisationnels ou psychosociaux résumés dans cette liste non-exhaustive(1, 2, 7, 8) :

Facteurs biomécaniques

  • Travail en force (manipulation de charges lourdes, efforts physiques)
  • Travail répétitif
  • Postures pénibles et contraignantes
  • Postures statiques prolongées
  • Vibrations
  • Froid
  • Bruit
  • Radiations, produits toxiques
  • Mauvais éclairage
  • Cadence élevée
  • Travail sur écran
  • Mouvements de large amplitude

Facteurs individuels

  • Antécédents de blessures (comme une fracture)
  • Age (> à 40-50 ans)
  • Sexe (les femmes sont plus touchées)
  • Ancienneté sur des postes difficiles
  • État de santé (par exemple en cas de diabète)
  • Scolarité et contexte familial
  • Grossesse, ménopause

Facteurs organisationnels

  • Temps de récupération insuffisants
  • Possibilité de changer de position et se détendre
  • Possibilité d’être aidé par un collègue
  • Changements d’horaires, de rémunération
  • Mauvaise ergonomie du poste

Facteurs psychosociaux

  • Insatisfaction au travail
  • Mauvaises ententes
  • Stress, anxiété
  • Exigences du poste (obligation de résultat, responsabilités)
  • Sentiment d’isolement

Toutes ces contraintes peuvent donc causer la surutilisation des structures anatomiques (muscles, tendons, etc.) et psychologiques. Associées à l’intensité, à la durée et à la fréquence de l’exposition, le risque de développer un TMS augmente(8).

Que faire contre les troubles musculo-squelettiques au travail ?

La principale action pour contrer les troubles musculo-squelettiques en entreprise sera la prévention. À ce titre, plusieurs textes de lois encadrent les obligations pour l’employeur concernant la prévention et la protection des salariés.

Parmi eux, le code du travail instaure les mesures phares à mettre en œuvre par l’employeur. Précisons également que ce dernier a une obligation de résultat. En effet, il ne lui suffira pas de développer les moyens nécessaires pour prévenir ces TMS. Il lui faudra également prouver l’efficacité des actions entreprises.

Plus d’informations sur les conséquences des TMS et les obligations pour l’employeur sont disponibles ici.

Les troubles musculo-squelettiques liés au travail sont donc nombreux, et leurs conséquences peuvent se montrer désastreuses. Le meilleur moyen de les contrer est alors de les prévenir ! De nombreuses lois régissent les méthodes préventives à mettre en place au sein des entreprise pour limiter le risque de TMS en entreprise. Vous souhaitez en savoir plus sur les troubles musculo-squelettiques ? Parcourez nos articles « Prévenir les TMS liés au travail » et « Quelles solutions contre les TMS au travail ? ».

 


Pour aller plus loin que cette approche globale et simplifiée, voici quelques sources supplémentaires :

(1)INRS. Troubles musculosquelettiques (TMS) – Effets sur la santé [Internet]. inrs.fr. [cité 26 avr 2022]. Disponible sur: https://www.inrs.fr/risques/tms-troubles-musculosquelettiques/effets-sante.html

(2)Caroly S, Major ME, Probst I, Molinié AF. Le genre des troubles musculo-squelettiques. Travail, genre et societes. 11 avr 2013;29(1):49‑67.

(3)L’Assurance maladie. TMS : définition et impact [Internet]. Ameli.fr. 2020 [cité 31 mars 2022]. Disponible sur: https://www.ameli.fr/entreprise/sante-travail/risques/troubles-musculosquelettiques-tms/tms-definition-impact

(4)Claudon L, Aublet-Cuvelier A, Gautier MA, Kerlo-Brusset M. Pratique d’exercices physiques au travail et prévention des TMS. Références en santé au travail – INRS. 2018;(153):6.

(5)INRS. Les troubles musculosquelettiques du membre supérieur (TMS-MS) [Internet]. ED 957; 2011 [cité 26 avr 2022]. Disponible sur: https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%20957

(6)Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Prévenir les troubles musculo-squelettiques ça ne s’improvise pas. [Internet]. travail-emploi.gouv.fr. 2010 [cité 26 avr 2022]. Disponible sur: https://travail-emploi.gouv.fr/archives/archives-courantes/que-faire-et-comment/article/demarches-outils

(7)Leclerc A, Chastang JF, Pascal P, Plouvier S, Mediouni Z. Conséquences des troubles musculo-squelettiques sur l’itinéraire professionnel, résultats d’une enquête nationale. 2015;76(3):245‑54.

(8)Stock S, Nicolakakis N, Messing K, Turcot A, Raiq H. Quelle est la relation entre les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés au travail et les facteurs psychosociaux ? Perspectives interdisciplinaires sur le travail et la santé [Internet]. 28 mai 2013 [cité 26 avr 2022];(15‑2). Disponible sur: https://journals.openedition.org/pistes/3407

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